À Petit-Bourg, à moins d’une heure de route de Bouillante, une marque de cosmétique guadeloupéenne fabrique ses baumes au milieu de sa propre forêt. Et elle ouvre ses portes : le samedi matin, Aude et Jean-Paul Daanen reçoivent les visiteurs au laboratoire Maravilla pour raconter comment une graine ramassée au sol devient une huile, puis un baume.
La visite dure deux heures, se déroule en partie en forêt et se réserve à l’avance. Voici ce que l’on y voit, ce qu’elle coûte, et comment l’organiser depuis le domaine.
Une visite guidée, le samedi matin
La visite a lieu le samedi, de 9 h 30 à 11 h 30. Deux heures, donc, et rien d’une visite d’usine derrière une vitre : on marche, on écoute, et on met les mains dans la matière. Le programme se déroule en trois temps.
- la découverte du jardin médicinal et de la forêt qui entoure le laboratoire, avec l’histoire de la marque ;
- l’explication du processus de transformation de la graine, du ramassage au séchage puis à l’extraction de l’huile ;
- la présentation du laboratoire et des techniques utilisées, avec une véritable mise en main : les visiteurs participent eux-mêmes à la transformation des graines de calophylle.
C’est ce dernier moment qui fait la différence. On comprend assez vite pourquoi un petit flacon d’huile de galba coûte ce qu’il coûte quand on a soi-même vu la quantité de graines qu’il faut, et le temps de séchage qu’elles demandent.
La visite se termine par les produits, que l’on peut acheter sur place : baumes, gommages, savons et huiles. Pour un cadeau à ramener, c’est une adresse autrement plus intéressante que les boutiques de l’aéroport.
Le galba, l’or vert des Caraïbes
Tout part d’un arbre que l’on croise partout en bord de mer dans la Caraïbe, au tronc tourmenté et aux feuilles épaisses : le galba, que les botanistes appellent Calophyllum inophyllum et que l’on nomme aussi calophylle. Ses fruits tombent au sol par milliers, et personne, longtemps, n’en a rien fait.
Chaque fruit contient une amande dont on extrait une huile épaisse, d’un vert sombre très reconnaissable, à l’odeur prononcée. En Guadeloupe comme ailleurs dans la Caraïbe, les remèdes de famille l’utilisent depuis des générations pour la peau, les cicatrices et les douleurs articulaires ; on la surnomme parfois l’or vert des Caraïbes. En Polynésie, la même graine donne la fameuse huile de tamanu.
Entre la graine ramassée et l’huile, il y a surtout de la patience : les amandes doivent sécher plusieurs semaines avant de libérer leur huile à la presse. C’est cette chaîne complète, du sol de la forêt au flacon, que la visite donne à voir d’un bout à l’autre.
Un laboratoire au milieu de la forêt familiale
Maravilla est née en 2022, sur une propriété que la famille Daanen a achetée dans les années 1960 à Petit-Bourg. Aude et Jean-Paul Daanen sont allés se former à l’extraction des huiles en Polynésie française, là où le calophylle est exploité de longue date, avant de monter leur propre atelier.
Le laboratoire est installé au milieu de leur forêt, à quelques mètres des arbres qui fournissent la matière première. Il est autonome en eau et en électricité. Les formules se passent de conservateurs de synthèse et les déchets de production sont compostés sur place. Ce n’est pas un argument de brochure : c’est précisément ce que la visite permet de vérifier de ses yeux.
Le couple a aussi choisi de faire de son jardin un jardin médicinal, planté des espèces utiles de la pharmacopée créole, et c’est par là que commence la balade.
Des baumes allés jusqu’à l’Élysée
Les gammes portent des noms courts et parlants : CICAT, RELAX, TONIK, SOLÈY, BÒM. Le baume Cicat a été retenu parmi les 122 produits présentés à la Grande Exposition du Fabriqué en France, à l’Élysée, en octobre 2024 : un seul produit par département, et c’est lui qui représentait la Guadeloupe.
La marque est aujourd’hui distribuée dans une soixantaine de points de vente, en Guadeloupe, en Martinique, en Haïti et dans l’Hexagone. Le démarrage, lui, n’a rien eu d’évident : après des refus bancaires, c’est un prêt d’honneur de 20 000 € accordé par Initiative Guadeloupe en 2023 qui a débloqué le projet — « décisif pour notre projet », résument les fondateurs. En septembre 2026, Maravilla a reçu le prix Impact+ du réseau Initiative, remis à la Banque de France à Paris, parmi dix lauréats.
La suite est déjà tracée : une certification EcoCert, puis une démarche ISO 9001. Autant dire que la petite entreprise que l’on visite le samedi matin n’est pas un atelier d’amateurs.
Tarifs, dates et ce qu’il faut prévoir
La visite en pratique
- Où : à Petit-Bourg, sur la propriété du laboratoire. L’adresse précise et le point de rendez-vous sont communiqués à la réservation ;
- Quand : le samedi, de 9 h 30 à 11 h 30, soit deux heures ;
- Tarif : de 13 à 16 € par personne, avec un tarif adulte et un tarif enfant ;
- Groupe : 6 personnes minimum. Des visites privées sont possibles, avec le même minimum. Si le nombre n’est pas atteint, la séance peut être reportée jusqu’à 24 heures avant ;
- Réservation : en ligne, sur la page de l’activité du site Caraïbes Factory, qui commercialise la visite ;
- Annulation : une absence, ou une annulation moins de 48 heures avant, entraîne la perte du billet, qui n’est pas remboursé ;
- À prévoir : des chaussures adaptées à la marche et un vêtement de pluie selon la météo ;
- Accessibilité : une partie de l’expérience se déroulant en forêt, il faut pouvoir faire la balade à pied. La visite n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.
Les dates sont ouvertes par vagues, quelques semaines à l’avance : au moment où nous écrivons, les samedis 10 octobre, 7 novembre et 5 décembre 2026 sont proposés. Mieux vaut donc réserver dès que vos dates de séjour sont connues, d’autant que le minimum de six personnes rend les créneaux vite complets en pleine saison.
Y aller depuis Bouillante
De Bouillante, comptez 45 minutes à une heure par la Route de la Traversée (D23), celle qui franchit le col des Mamelles au cœur du Parc national. Pour une visite à 9 h 30, un départ vers 8 h 15 laisse de la marge, la route étant sinueuse et souvent humide le matin.
Le trajet est, en soi, l’une des plus belles routes de l’île, et il serait dommage de le faire deux fois sans s’arrêter. Au retour, la Cascade aux Écrevisses et la Maison de la Forêt sont toutes deux sur la D23, à quelques minutes du laboratoire : de quoi prolonger la matinée sans détour.
Avec une visite terminée à 11 h 30, vous êtes de retour au domaine pour le déjeuner, et l’après-midi reste entière pour la plage de Malendure et les activités nautiques de la Réserve Cousteau. Un samedi matin bien rempli, en somme.
Questions fréquentes
Peut-on visiter le laboratoire Maravilla sans réserver ?
Non. La visite a lieu le samedi matin, sur réservation préalable et à partir de six participants : se présenter à Petit-Bourg sans billet n’est pas prévu.
Combien coûte la visite ?
De 13 à 16 € par personne, avec un tarif adulte et un tarif enfant.
Combien de temps dure-t-elle ?
Deux heures, de 9 h 30 à 11 h 30.
La visite convient-elle aux enfants ?
Oui, un tarif enfant est prévu et la manipulation des graines leur plaît généralement beaucoup. Il faut en revanche pouvoir marcher en forêt : prévoyez des chaussures fermées.
À quelle distance se trouve-t-elle de Bouillante ?
Entre 45 minutes et une heure de route, par la Route de la Traversée (D23).
Peut-on acheter les produits sur place ?
Oui, en fin de visite. Ils sont par ailleurs distribués dans une soixantaine de points de vente en Guadeloupe, en Martinique, en Haïti et dans l’Hexagone.
Séjourner à Bouillante
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